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Auteur Fil de discussion: Le Paris SG et le Théorème de Chapatte  (Lu 4274 fois)
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Arno P-E
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« le: 07 Juillet 2006 à 21:45:12 »

Ah ! Le Tour de France... Ses spectateurs agglutinés le long des routes, sa caravane commerciale avec mains en carton géantes aiguisées comme des rasoirs, ses chutes, ses seringues, et surtout, surtout, son Théorème de Chapatte. En voilà un vrai sport qu’il est populaire, pas comme le foot !

A ma connaissance, le cyclisme doit être le seul sport à bénéficier d’un théorème en bonne et due forme... Le Théorème de Chapatte, aussi appelé TdC. Cet état de fait totalement injuste est insupportable. Il faut donc à tout prix remédier à cela, et procurer au Paris Saint-Germain un équivalent au plus vite ! Voyons déjà ce qu’énonce cette fameuse règle, puis comment nous réfléchirons à une adaptation spécial Paris SG.

Le Tour de France, quand on y réfléchit bien, question intérêt dramatique c’est encore pire que le football : si le ballon rond est un sport qui se joue à onze, contrairement à la légende, à la fin ça n’est pas toujours l’Allemagne qui gagne. Ca ménage un peu de suspens. Alors que la première semaine du Tour, été après été on ne peut plus se voiler la face : le cyclisme est un sport individuel qui se joue par équipes de neuf (faut pas chercher), et à la fin c’est un sprinter qui gagne. Toujours. On se tape des heures de direct dans des paysages tous plus remplis de haies, de buissons, et d’arbres les uns que les autres (ce qui soulève le cœur de tout Parisien normalement constitué), avec par là-dessus des commentaires dont le manque d’intérêt parviendrait à faire passer Leboeuf et Paganelli pour des gars captivants et perspicaces... Des après-midis entiers à regarder une demi-douzaine d’ahuris échappés se faire inéluctablement rattraper par le peloton. Ca calme...

Le cyclisme d’avant Chapatte ? Un sport de masochistes !

Un résumé ? Prise d’antenne à 14h30, un cours rapide sur les éventails et les bordures quand il y a du vent, Paulo qui nous fait un speech sur la basilique de Moufinier-les-glands, puis on écoute un calcul de la distance parcourue par le vélo à chaque coup de pédale quand on est sur un développement de 53x13. Et puis faut pas critiquer : on ne sait jamais, ça peut toujours servir les jours de grève de la RATP ces conseils... même s’il faut avouer qu’un être humain non équipé de transfusions quotidiennes au sang de porc extrudé enrichi en vitamines C est incapable de se traîner de tels développements. En bref, c’est l’érection garantie, avant même que J-R Godard n’ait eu le temps de nous dire si le goudron fond véritablement, et si le plafond nuageux est véritablement bas.

Voilà, les hélicos s’approchent de la tête de la course, et on découvre enfin les victimes du jour. Un rapide survol du groupe d’échappés, pas de surprise : constitué d’illustres inconnus et, parfois, de masochistes multi-récidivistes, il n’y a aucun favori. Mieux que la télé-réalité, voilà en gros plan les ex-anonymes qui vont en chier toute la journée, à se défoncer le derrière sur une selle qu’à la fin de l’étape en comparaison la grappe d’hémorroïdes de Malouda passera pour une attraction Disneyland. Ces gars auraient pu rester toute la journée bien au chaud dans le peloton, à profiter de l’aspiration du mec de devant, tranquilles, mais non, ils se retrouvent là, à faire 200 bornes avec le vent dans la tronche, et sans personne pour les aider à revenir s’il leur venait une malencontreuse envie de popo.

Mais le meilleur, c’est que cette poignée de types suants sur leur vélo, ils savent tous que pour avoir une infime chance de ne pas s’être arraché toute la journée en vain, pour espérer finir devant, ça ne dépend même pas d’eux ! Il faut juste que le peloton décide de ne pas se mettre à leur poursuite.

En effet, il suffit qu’un seul sprinter, un seul cycliste dans un peloton de 200 pros, décide qu’il a les jambes pour régler l’emballage final, et donc que ses coéquipiers doivent annihiler l’échappée, pour qu’il n’y ait plus aucune chance que nos martyrs s’en sortent. Chaque jour les pauvres baroudeurs pédalent à fond, donnent tout, en sachant qu’ils sont à la merci du premier mytho venu... Comme quoi, le cyclisme c’est vraiment un sport de cinglés. Ou plutôt « c’était » un sport de maso !

Car un homme, que dis-je, une icône du cyclisme, a rendu l’espoir à tous ces échappés, toutes ces cibles désignées par leur directeur de course pour « montrer le maillot » aux télespectateurs fanatiques du brushing de Gérard Holtz. Oui, cet homme a changé la vie de tous ces pauvres hères, ces souffre-douleur du Tour de France. Il leur a donné moyen de croire. Il leur a tendu une man où s’accrocher. Robert Chapatte leur a apporté la lumière.

Comment ? Mais grâce à son théorème que diable ! Le fameux Théorème de Robert Chapatte, ou TdC ! Alors pour les non-initiés, que dit-il ce théorème ? C’est très simple. Il donne une règle permettant d’affirmer avec certitude sous quelles conditions une échappée a des chances d’aller au bout : si vous avez plus d’une minute d’avance sur le peloton par tranche de 10 km vous séparant de l’arrivée, alors vous pouvez encore croire en la victoire. Si vous avez moins d’une minute d’avance par tranche de 10 km, c’est cuit. Exemple : vous avez plus de 6 minutes d’avance à 60 km de l’arrivée, alors là vous pouvez encore espérer. Mais moins de 3 minutes à 30 km, et c’est mort. Les maths au secours de la petite reine. C’est beau.

Mais et le Paris Saint-Germain dans tout cela ? Et bien voilà : le Théorème de Chapatte est transposable au monde Rouge et Bleu ! La question reste de savoir jusqu’à quel moment on peut inverser la tendance, et rattrapper son adversaire. Il y a bien entendu bien des scénarios possible, mais en résumé, voici ce que pourrait donner un TdC version Paris SG :

Deux buts à remonter

Tout dépend du nombre de buts que les Rouge et Bleu comptent d’avance, ou de retard. Premier cas, le PSG doit marquer deux buts. Etant entendu que seule la victoire est belle, cela correspond par exemple à un match de championnat dans lequel Paris serait mené d’un but : pour rejoindre puis passer devant notre adversaire, il faudrait donc en marquer deux ; ou alors un match de coupe où nous aurions deux buts de retard. Mais dans ce cas, quelle est la limite ? Lors des matches de ce genre, certains quittent le Parc dès la 80ème minute pour repoindre leur métro bien tranquillement. Ont-il raison ? La partie est-elle déjà pliée à dix minutes de la fin, ou bien peut-on encore y croire ? En bref, la question c’est : combien de temps faut-il aux parisiens pour inscrire deux buts ?

Il a des exemples célèbres, comme Paris SG – ESTAC il y a quelques années. Là, menés 2 à 0 en coupe, après une très faible prestation, les Parisiens avaient réussi à égaliser dans les arrêts de jeu. Pourtant Heinze n’avait marqué le premier but sur coup-franc qu’à l’extrème fin du temps réglementaire. Mais dans un Parc des Princes en furie, il avait suffit que les Troyens remettent le ballon en jeu pour que le Paris Saint-Germain, survolté, récupère la balle, contre, et marque de nouveau. Cet exemple célèbre montre ainsi que dans le cas de deux buts à rattraper, une fois le score ouvert, du moment qu’il reste ne serait-ce qu’une minute, tout est possible.

Donc, en combinant la perte de temps causée par la remise en jeu adverse avec le temps additionnel, le Théorème de Chapatte du Paris SG permet d’affirmer qu’avec deux buts à marquer, il faut continuer à pousser au moins jusqu’à la fin du temps réglementaire ! Mené 2 à 0 en coupe, alors même que la situation semble catastrophique, il faut continuer à y croire jusqu’à la 90ème minute !

Un but à inscrire

Quand les Parisiens n’ont qu’un but à marquer, alors là la situation est encore plus simple : souvenez-vous de Paris SG – Real Madrid... Même à la 95ème, il y a encore de l’espoir ! Tant que l’arbitre n’a pas sifflé, c’est pas fini ! Alors méfiez-vous, pas question de sortir avant la fin de la rencontre en insultant Alonzo et Rozehnal. Ce serait bête de se retrouver au pied du Parc, à l’extérieur, pour entendre les hurlements de joie et de soulagement de ceux qui ont eu le courage de rester ! C’est vraiment le genre d’occasion où l’on se dit qu’on ne va pas avoir l’air très malin en racontant sa fin de soirée aux collègues le lendemain... « L’égalisation parisienne ? Si elle était superbe ? Bah on va dire que de là où j’étais placé, je l’ai pas très bien vue. Oui, je suis abonné à Auteuil, oui... Et ils ont marqué du côté du Virage Auteuil, c’est vrai. Hum, mais en fait moi j’étais comme qui dirait derrière un poteau... voire un mur... voire la grille extérieure. Bon, euh, on parle d’autre chose ? »

Avec un seul but de retard, le TdC est donc formel : on se bat jusqu’à la fin, comme des chiens. Même les arrêts de jeu réservent des surprises. Bonnes, ou parfois mauvaises...

Le corollaire dit « de l’Olive »

Car si Wenger affirmait naïvement lors de France – Brésil que lorsqu’une équipe mène à la 80ème, alors elle ne lâche plus rien, force est de constater qu’Arsène n’y connait rien. Au Paris SG, tout est possible, et 80ème ou pas, même à domicile, quand on ne mène que d’un but à la fin d’un match, c’est l’Olive assurée. L’Olive... Vous savez, cette désagréable contraction du sphincter qui vous maintient crispé du bas ventre en tribune jusqu’au bout.

On en a trop vu des sales buts de raccroc encaissés par les Rouge et Bleu sur un faux coup de pied arrêté parce qu’un guignol a cru bon d’affirmer ses pulsions féminines en se prenant pour le clone de Nelly Viennot et jouer du sifflet en tribune. Quand il y a au plus un but de différence, dans un sens ou dans l’autre, ça ne change rien : jusqu’au dernier coup de sifflet, chaque ballon doit être un combat sur le terrain... et en tribunes. Histoire de rappeler certaines réalités aux joueurs si par mégarde ils venaient à les oublier !

Après, pour les cas extrêmes, les rencontres avec plus de deux buts d’écart, il faudra compter au moins cinq minutes par but... et prier très fort. S’il est possible statistiquement de réaliser un doublé en un laps de temps très court, un triplé lui est bien plus délicat. Disons qu’à la 80ème, si le Paris Saint-Germain mène de deux buts, là même les gars les plus inquiets devraient pouvoir commencer à espérer ramener au moins un point. A part à la Corogne, c’est faisable. Et a contrario, mené 3 à 0 dans les dix dernières minutes à l’extérieur, il faudra bien se faire une raison : les Parisiens auront peut-être du mal à refaire leur retard (oui, c’est difficile à entendre, mais il faut regarder la vérité en face).

Voici donc ce que pourrait donner un Théorème de Chapatte appliqué au Paris Saint-Germain... Reste plus qu’à adapter les mains publicitaires capables de décapiter un tireur de corner adverse, et on sera bons.
Journalisée

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