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Auteur Fil de discussion: C’est quoi un supporter ?  (Lu 2939 fois)
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MARKOSUP
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« le: 16 Janvier 2006 à 00:43:17 »

Paris SG – Estac, samedi 1er mars 2003 (« si vous pensez que j’ai du vérifier la date, laissez moi rire » ©)
C’est la crise au PSG, les supporters font grève parce que Luis a osé répondre aux journalistes, après une défaite à Monaco, qu’il était « tranquille » (pour mémoire, soir de défaite il a face à lui des connards qui lui demandent s’il a les boules, s’il veut démissionner et toutes ces conneries ; il a deux options, coup de boule ou réponse foutage-de-gueule, il a choisi la deuxième option, mais fallait un peu de neurones pour comprendre). Bref, c’est la grève, le public accueille l’équipe parisienne sous les sifflets, l’échauffement sous les sifflets, l’entrée des joueurs idem, chaque fois qu’un Parisien touche le ballon idem… Et les deux premiers buts du match, troyens, ont été accueillis avec des applaudissements. Maso, mais on sentait aussi qu’ils étaient contents que ça arrive, sur le thème « on avait bien raison c’est que des chèvres ». Et les sifflets redoublaient d’intensité… Heureusement que Pedron a permis de renverser la situation et que les joueurs ont eu des couilles. Score final, 4-2.

Paris SG – Estac, dimanche 4 janvier 2004 (idem)
À 15 heures, le premier dimanche de janvier, il fait -5°, on se les caille… Troyes est en D2, on est menés 0-2 jusqu’à la 89e minute, le Parc se vide (déjà qu’on était que 25 000), le con de derrière™ de Thibaut et Arno se barre après avoir insulté les joueurs sur 3 générations… Quant à Thibaut, il lâche son cri habituel, on continue d’encourager les joueurs, et… Et Gabriel Heinze ! Un coup-franc à la 89e minute, pendant que le public insulte, encore et toujours, son équipe. Heureusement que nos joueurs y croyaient, eux ! Après ce but y a eu quelques minutes de folie, où le Parc y croyait sans y croire, partagé entre le « putain fallait le faire avant ça » et le « allez ça peut le faire ». On était debout pendant plusieurs minutes (c’était en K, rendez vous compte !), avec une ambiance de folie ! Ogbeche a égalisé à la 92e, et Pauleta nous a donné la victoire dans les prolongations. Pour moi, la Coupe de France 2004, on ne l’a pas gagné lors de la Finale. Évidemment on l’a gagnée à chaque tour, mais pour moi c’est à la 89e minute de ce match, quand l’équipe continuait d’aller de l’avant et qu’Heinze a claqué son but, avec des supporters qui encourageaient leur équipe, c’est précisément à cet instant qu’on a gagné la Coupe de France.

Paris SG – Estac, dimanche 15 janvier 2006 (là c’était facile)
Avec quatre absents parmi les habitués de la K bleu bas, on est singulièrement en sous-effectif… Paris domine, le match est pas si catastrophique que ça, mais Troyes égalise et on n’arrive pas à reprendre l’avantage. Semak devient la nouvelle tête de turc (Rodriguez – qui a fait un très bon match – s’empalle sur un milieu, se bat un peu pour récupérer la balle : bravo !! ; Semak fait pareil : mais quel tocard, dehors Semak scande même Boulogne !!)… Le Parc (Auteuil et Boulogne, ça suit en K) chante le nom de Laurent Fournier.

Les cons de derrière se font entendre… On est trois à chanter encore dans notre petit coin de tribune, pas parce que c’est écrit dans le manuel du bon supporter, mais parce qu’on y croit, parce que tant que l’arbitre siffle pas, c’est pas fini. Le Parc a explosé, super, mais moi ce que je retiens égoïstement et avec beaucoup de prétention (sans doute pas le bon terme), c’est notre attitude. Je sais que ce match, c’est comme les deux précédents, je m’en souviendrai longtemps. C’est pour ça que je vais au Parc : pour vivre des trucs à part, certes, mais aussi pour l’impression de faire un peu contre-poids de temps en temps. Ce dont je me souviendrai longtemps, c’est le sentiment au moment du but de Pancrate : le geste de Thibaut Censure, et cette petite tape. Nous, on a fait notre taf, on peut se dire qu’on a gagné. C’est aussi notre victoire…

Et en revanche, il y a plein de gens qui s’approprient la victoire de ce soir alors qu’ils n’y sont pour rien. Ceux qui sont partis prendre leur métro, ceux qui ont préféré siffler et insulter au lieu d’encourager…


J’aime pas trop parler de « bon supporter », ou de « ce qu’il faut faire ». Pourtant il y a une chose dont je suis à peu près persuadé, c’est la façon dont je peux définir un supporter selon ma vision : en illustrant avec ces trois exemples.

Pour continuer cette digression totalement désorganisée (merci à ceux qui liront jusqu’au bout Gros sourire) : ça fait des années que certains potes de fac me demandent, régulièrement dans la saison, un pronostic pour le match de la semaine. Je réponds invariablement la victoire, et les réactions sont toujours les mêmes : « vieux supporter de base », « pas objectif », « trop fanatique » ou ce genre de conneries. C’est pas la même vision du « supportérisme » certes, mais c’est le genre de réaction qui m’insupportent toujours.

De la même façon, au boulot, le lundi matin est souvent dur. Le jour de Toulouse-PSG en coupe (fin 2005), je partais regarder le match que j’avais enregistré, ma chef m’a demandé un pronostic.
- La victoire, comme d’hab.
- Euh, excuse moi, mais ton « comme d’hab » me parait un peu…
- Oui, au temps pour moi, ça veut dire « comme d’hab quand on me demande un pronostic ».
- OK, mais objectivement, si tu devais miser ta paye par exemple ?
- … la victoire !


Et là je suis parti plein de pensées : je parie jamais d’argent. Mais si on devait jouer le Real demain, et si je devais parier ma paye sur un résultat, je crois que je dirais aussi Paris. Parce que si nous, supporters, n’y croyons pas, personne n’y croira pour nous. Et parce que sur un match, on est capables de battre n’importe qui. C’est pas une équipe de DH qui rencontre le Brésil, c’est un club de L1 face à un autre de L1, ou d’un autre championnat européen. La victoire ne serait pas un miracle… donc pourquoi envisager autre chose ? Comment rentrer dans le stade en se disant « bon, objectivement, faut être lucide, on va se faire torcher », ou « sérieusement on fera pas mieux que match nul » ?

Autres souvenirs :
- un pote de fac (abonné en K depuis 10 ans) me demande, la veille d’un OM-PSG y a deux ans, ce que j’en pense. « Bah on peut gagner… » « Mais Vivien, mais n’importe quoi… Attends on va se faire dérouiller, si on perd que 1-0 déjà ce sera bien, Marseille ils sont carrément au-dessus de nous ».
Finalement on a gagné, et le matin suivant à la fac, il est venu prendre mon écharpe pour chambrer un « supporter marseillais ». Il m’a pas reparlé de notre discussion…

- Lyon-PSG, mai 2005. Lyon triple champion de France en titre, leader, reçoit le PSG en crise, qui n’a pas gagné à Lyon depuis 12 ans. Arno et moi allons à Lyon. On y croit, on chante, et alors que personne n’aurait mis une pièce dessus, alors que les « bons supporters » du dimanche nous disaient « objectivement, c’est impossible que Paris gagne, ça sert à rien de parler avec toi t’es pas lucide », c’est le Paris SG qui est revenu avec les trois points. Déchiré à 6 heures du mat’ au taf, mais avec la banane jusqu’au soir. La victoire était possible, envisageable ; la preuve, c’est qu’on a gagné. Alors, à partir du moment où c’est « possible », pourquoi envisager le contraire ? Envisager le contraire, c’est se dire à 1-1 contre Troyes, de toute façon c’est des chèvres, scandons le nom d’un entraîneur qui ne reviendra jamais, c’est pas constructif, c’est même destructeur, ça sert à rien, mais ça défoule. Une attitude de client qui veut voir du spectacle parce qu’il a payé sa place, pourquoi pas, mais certainement pas une attitude de supporter.

Bref, c’est quoi un supporter, sinon un type qui y croit jusqu’à la fin, qui y croit et qui encourage, pour que les joueurs aussi y croient et fassent les efforts nécessaires. Comment reprocher aux joueurs de pas tout tenter quand soi-même on préfère partir 5 minutes avant la fin pour chopper son métro, « ce qu’ils peuvent faire je m’en fous, pour moi le match est fini ». Quand on n’y croit plus et qu’on préfère siffler et insulter, alors qu’au pire on aura toute la soirée pour ça. Siffler c’est dire « c’est bon on a perdu, ça sert à rien ». C’est une attitude de looser*.

Voilà, c’est le bordel, mais ça fait du bien de l’écrire. Un jour faudra le mettre en ordre et essayer d’en faire un article lisible, mais là déjà, ça soulage Sourire.

Merci à Thibaut, Arno, et tous les gars du même genre.


* une attitude à la troyenne quoi :
Citation de: Jean-Marc Forlan (Entraîneur de Troyes)
Dans l’ensemble, je suis satisfait du match des garçons. Je n’avait (sic) pas imaginé un autre scénario, compte tenu de notre effectif et de celui du PSG.
Journalisée

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